LOADING...

Posts Tagged "définition"

A propos de la norme naissante ISO 30401 sur le KM

Vie de l'association, ,

@jlabelin a eu la bonté de nous communiquer les travaux de normalisation en cours sur la norme naissante ISO 30401 intitulée “Systèmes de management des connaissances – Exigences”. Je suis heureux de voir que Jean-Louis ERMINE et Nicolas DUBUC y collaborent. C’est un gage de qualité.

C’est un document qui me donne bon espoir pour le futur de notre belle discipline. Je reste néanmoins un peu perplexe sur quelques points:

  1. On n’y fait pas de distinction entre “connaissances” et “savoir” et on n’y positionne pas les “connaissances” par rapport aux sempiternelles “compétences”, terme dont nos entreprises sont friandes. Or la langue française nous donne la une richesse que la langue anglaise n’a pas. cf http://formation.hypotheses.org/250 
    “Une connaissance est intérieure à la personne et n’est donc pas stockable. Elle est singulière. Aucun manuel de ne peut référencer des connaissances. Ainsi nous avons tous des connaissances différentes même si un même savoir est abordé (…) Le savoir c’est que qui relève d’une communauté qui a statué sur une connaissance érigée alors en savoir. C’est exactement ce qui se passe sur les savoirs académiques. Un groupe de pairs a décrété que telle ou telle chose devait être enseignée (…)”
  2. L’externalisation des connaissances (au sens de Nonaka) y est définie comme “la mise à disposition des connaissances sous forme d’enregistrements, de documents, de systèmes de codification”. Curieusement, les formes nouvelles de type jeu, modèles, algorithmes, réalité virtuelle en sont exclus. Or la frontière est ténue au 21e siècle entre le savoir pur à regarder ou à lire et le savoir acquis par une expérience virtuelle.
  3. La notion de “périmètre d’application du système de management des connaissances” (4.3) me parait assez floue. Je la rapprocherais bien de celle de communauté, car in fine un système de management des connaissances s’adresse à une communauté, qui est la cellule de base d’un système de management des connaissances, dont l’objectif est bien de mettre le savoir en commun.
  4. Curieusement le terme de Communauté n’est pas référencé dans  les “Termes et Définitions”. Or comme dit plus haut, il est central. C’est le pivot du KM, comme nous le savons tous.

Bref, il y a encore du boulot avant d’en faire un document fondateur.

Je ne sais pas encore tout-à-fait ce qu’est un “système de management des connaissances”, mais si je devais le représenter, je le ferais comme cela:


DATE: Déc 13, 2017
AUTHOR: MartinRD

Qu’est ce que c’est que le KM au fond?

Vie de l'association

 

Pour tenter d’expliquer le KM simplement, j’ai fait ce petit schéma dont je suis assez content. Il montre les quatre grands objectifs poursuivis par le KM et en quoi ils sont complémentaires

  1. le premier est le partage des connaissances, qui se fait bien sûr dans le cadre d’une communauté, car un environnement de confiance est une nécessité absolue. Mais il faut bien prendre conscience que l’objectif d’une communauté n’est pas seulement de partager les connaissances, mais aussi de les gérer comme un bien commun, ce qu’on oublie trop souvent, et qui distingue la communauté du simple réseau social;
  2. Le second est la capitalisation des connaissances, c’est à dire leur explicitation sous différentes formes (processus, méthodes, algorithmes…) et leur stockage dans des bases de données suffisamment bien gérées pour qu’on puisse facilement les retrouver pour les réutiliser. Dans les organisations, il s’agit là de connaissances collectives, qui appartiennent à l’organisation, et on comprend donc le lien évident avec les communautés, car il est beaucoup plus important pour une entreprise de capitaliser des connaissances partagées que des connaissances individuelles;
  3. le troisième est la dissémination des connaissances, qui est souvent ce qui est le plus mal compris dans les organisations, qui s’arrêtent souvent à la deuxième étape. Une fois qu’une connaissance est explicitée sous forme d’objet de connaissance, il faut pouvoir le mettre à disposition de tous ceux qui peuvent en avoir besoin, pourvu a) qu’ils comprennent de quoi il s’agit et b) qu’ils en aient le droit. Et il y a derrière ce point toute l’économie des plates-formes, qui est au coeur de l’économie de la connaissance.
  4. Le quatrième, et le plus connu, est le transfert des connaissances, que les RH adorent en l’assimilant au transfert des compétences, qui en est un sous-ensemble. Le transfert de compétences, c’est pour que le récipiendaire puisse occuper un poste défini dans un organigramme. Le transfert des connaissances, c’est pour que le récipiendaire puisse innover. cela va bien au-delà.

 

 


DATE: Jan 7, 2017
AUTHOR: Martin ROULLEAUX DUGAGE
Comments: 2